Une envie de raquette, un soir au comptoir
Tout a commencé par une conversation de comptoir. Nous sommes en 1977, au Café de France, à Allassac. Philippe Cézard, dit « Jules », tient le bar où quelques habitués se retrouvent chaque jour autour d’un verre. On y refait le monde, on y parle sport surtout, mais le foot et les boules lyonnaises commencent à tourner en rond. Il manque quelque chose de nouveau.
C’est un client, Philippe Bost, licencié au Tennis de Table Briviste, qui sème l’idée. Pourquoi ne pas se mettre au ping-pong ? La petite graine est plantée, et elle va pousser vite.
La naissance d’un club
Le projet prend forme naturellement, presque sans effort, tant l’enthousiasme est au rendez-vous. Philippe Cézard, devient tout naturellement le premier président. Jean-Louis Vaujour prend en charge la trésorerie, Jean-Baptiste Peyrat — que tout le monde appelle Payou — le secrétariat, et Philippe Bost la partie sportive.
Restait à trouver un nom qui sonne juste. C’est Payou qui a l’idée la plus belle : rendre hommage à l’histoire ouvrière de sa ville natale, celle des carriers qui ont façonné le pays de l’ardoise. Le club s’appellera La Raquette Ardoisière.
Les statuts déposés, les premiers contacts pris avec l’UFOLEP, les premières rencontres officielles peuvent commencer. Le goût de la compétition s’installe vite, et avec lui, l’envie de grandir.
L’école qui change tout
En 1982, le club franchit une étape décisive : la création d’une école de tennis de table. C’est le début d’un lien fort et durable avec les écoles primaires et le collège d’Allassac, qui donnera naissance à une véritable section sportive. Génération après génération, ce sont des dizaines de jeunes qui découvrent la petite balle blanche sur les bancs de l’école avant, pour certains, de la retrouver en club.
Des couleurs qui voyagent
Au fil des saisons, les joueuses et les joueurs de la Raquette Ardoisière portent haut, et parfois loin, les couleurs de leur club.
En 1997, deux jeunes Allassacois, Fabien Renaudie chez les cadets et Damien Gapillout chez les benjamins, décrochent leur qualification pour les Championnats de France. En 2000, une équipe féminine, née de l’entente avec le club de Saint-Viance, accède au niveau national du championnat par équipes. Treize ans plus tard, en 2013, c’est au tour de l’équipe masculine de cette même entente de l’atteindre, portée notamment par Paul Verdier, alors numéro 599 français.
Un tournant : le Ping Vézère
2011 marque un pas de géant. Le club s’associe à son voisin de Saint-Viance pour créer le Groupement d’Employeurs Ping Vézère, qui permet l’embauche d’un éducateur sportif à temps plein. C’est ainsi que Valérie Charruaud rejoint l’aventure. Au fil des années, ses missions se multiplient et s’enrichissent : encadrement des jeunes, bien sûr, mais aussi ouverture vers le handisport, intervention dans les écoles des communes environnantes, et même actions en milieu carcéral. Grâce à elle, le tennis de table dépasse le cadre du club pour irriguer tout un territoire.
Bien plus qu’un sport
Si les résultats sportifs ont marqué l’histoire du club, ce sont d’abord des liens humains qui se sont tissés autour de la table : des entraînements du mercredi soir aux tournois du dimanche, des lotos aux repas entre amis, la Raquette Ardoisière a toujours été un lieu où l’on se retrouve avec plaisir, joueurs confirmés comme débutants, petits comme grands.
Cette histoire, faite de bénévolat, de transmission et de fidélité, continue de s’écrire chaque saison. Elle doit beaucoup à celles et ceux qui, depuis les débuts, donnent de leur temps pour faire vivre le club ainsi qu’aux partenaires publics et privés qui l’accompagnent fidèlement.
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